Vous planifiez de refaire votre toiture dans les prochaines années ? Ce chantier, souvent traité comme une simple dépense d’entretien, vient de changer de nature. Avec le MoPEC 2025, adopté fin août 2025 par la Conférence des directeurs cantonaux de l’énergie (EnDK), la rénovation d’une toiture devient dans de nombreux cas le déclencheur d’une obligation recommandée d’installer des panneaux solaires, que les cantons sont invités à transposer dans leur législation propre.
Ce changement touche directement les propriétaires de Suisse romande. Pendant des années, l’obligation solaire n’a concerné que les constructions neuves dépassant certains seuils. Le MoPEC 2025 franchit un cap : il étend cette logique au parc existant. Chaque réfection importante de toiture devient une occasion — et désormais une obligation — d’intégrer la production photovoltaïque au bâtiment.
La bonne nouvelle, c’est que cette contrainte peut se transformer en opportunité réelle. Réaliser les travaux solaires en même temps que la réfection du toit, c’est mutualiser les coûts de mise en œuvre, éviter une deuxième intervention sur la charpente quelques années plus tard, et commencer à produire de l’électricité au moment précis où la toiture retrouve ses vingt ans devant elle. Encore faut-il comprendre ce que la loi exige concrètement, ce qui varie d’un canton à l’autre, et ce qui vaut la peine d’être fait au-delà du strict minimum légal.
Voici ce que vous devez savoir avant de signer le devis de votre couvreur.
👉 L’essentiel à retenir
- Le MoPEC 2025 étend l'obligation de production photovoltaïque aux rénovations de toiture dès lors que la couverture ou l'étanchéité est renouvelée sur au moins 50 m².
- La puissance minimale requise est de 10 W par m² de surface de référence énergétique pour une rénovation, et de 20 W/m² pour une construction neuve.
- Les premiers cantons appliqueront le MoPEC 2025 dès 2026 au plus tôt ; tous les cantons devraient l'avoir mis en œuvre en 2030 au plus tard.
- Genève anticipe déjà ce cadre avec une obligation solaire active sur toutes les surfaces appropriées lors de toute rénovation de toiture significative.
- Une rénovation de toiture bien planifiée permet d'intégrer simultanément le photovoltaïque et un système de stockage, maximisant l'autoconsommation dès le premier jour.
1. Ce que le MoPEC 2025 impose réellement lors d’une rénovation de toiture
Le MoPEC — Modèle de prescriptions énergétiques des cantons — n’est pas une loi fédérale directement applicable. C’est un modèle de référence élaboré par l’EnDK, que chaque canton traduit ensuite dans sa propre législation. Sa cinquième édition, adoptée en août 2025, fixe des lignes directrices que les cantons sont invités à reprendre ; l’EnDK recommande à chaque canton d’adopter au mieux les prescriptions du MoPEC 2025 lors de la promulgation de ses dispositions cantonales relatives à l’énergie.
1.1 Le seuil qui déclenche l’obligation
L’obligation de production propre d’électricité s’applique dès lors que la couverture ou l’étanchéité d’une toiture est renouvelée sur une surface d’au moins 50 m². Ce seuil est important : il exclut les petites interventions localisées et cible les réfections substantielles du complexe toiture. Concrètement, une maison individuelle standard qui refait l’ensemble de sa couverture entre dans ce périmètre sans discussion possible.
Une précision utile du texte de référence intercantonal : les travaux concernés sont ceux qui portent sur la couverture ou l’étanchéité elle-même. Les travaux ayant une incidence sur l’énergie — comme la rénovation de l’isolation thermique — restent soumis aux exigences existantes, non à cette nouvelle obligation solaire.
1.2 La puissance minimale exigée
Le MoPEC 2025 fixe la puissance requise en référence à la surface de référence énergétique (SRE) du bâtiment, et non à la seule surface de toiture. Pour une rénovation, l’installation de production d’électricité doit représenter au moins 10 W par m² de SRE. Pour une construction neuve, ce seuil est porté à 20 W par m² de SRE.
Prenons un exemple concret : une maison individuelle devra intégrer une capacité de production minimale calculée selon les critères du MoPEC 2025, dont les paramètres exacts (base de calcul et seuil par m²) relèvent des dispositions techniques de ce modèle lors de la réfection de sa toiture. C’est un seuil relativement modeste — la grande majorité des installations résidentielles dimensionnées selon les besoins réels du foyer dépasseront largement ce minimum. Il vaut donc mieux ne pas s’arrêter au strict plancher légal.
1.3 Ce qui peut être pris en compte
Le MoPEC 2025 prévoit plusieurs modalités de comptabilisation. Une installation existante peut être prise en compte si sa puissance ne contribue pas déjà à satisfaire d’autres exigences légales. De même, si une surface de toiture est occupée par une installation solaire thermique, cette surface peut être déduite du calcul de l’obligation photovoltaïque. Enfin, l’intégration en façade est autorisée lorsque la configuration du toit le justifie.
2. Le cadre légal fédéral qui précède le MoPEC
Il est utile de distinguer deux niveaux qui se superposent sans se substituer l’un à l’autre.
Depuis le 1er janvier 2025, la loi fédérale sur l’énergie prévoit une obligation solaire pour les nouvelles constructions dont la surface déterminante dépasse 300 m². Cette règle fédérale s’applique de façon uniforme sur tout le territoire suisse, indépendamment des réglementations cantonales. Le MoPEC 2025 vient compléter et affiner ce cadre, notamment en l’étendant aux rénovations de toiture et en fixant des seuils de puissance précis — là où la loi fédérale posait un principe, le modèle cantonal précise les modalités d’application.
Pour les propriétaires, cela signifie qu’il faut systématiquement vérifier les deux niveaux : la règle fédérale d’abord, puis la transposition cantonale qui peut être plus exigeante — comme c’est le cas à Genève, qui anticipe et dépasse déjà le cadre intercantonal.
3. Ce que les cantons romands appliquent aujourd’hui et demain
Le calendrier de mise en œuvre est progressif : les premiers cantons appliqueront le MoPEC 2025 dès 2026, et tous les cantons devraient l’avoir mis en œuvre en 2030 au plus tard. La situation varie donc selon votre canton de domicile au moment où vous planifiez vos travaux.
3.1 Genève : l’obligation la plus avancée de Suisse romande
Genève fait figure de précurseur. L’obligation solaire y est déjà effective et s’applique sur toutes les surfaces appropriées de toiture lors de constructions neuves, de rénovations de toiture et de rénovations visant un standard énergétique. La définition genevoise d’une « rénovation de toiture » est précise : elle vise la réfection de l’ensemble du complexe de la toiture, comprenant notamment la sous-toiture et son isolation.
Une particularité genevoise mérite d’être soulignée : le canton précise explicitement que l’énergie solaire produite doit être prioritairement autoconsommée. À cette fin, un système de stockage électrique ou thermique, ou un système de régulation permettant de corréler les besoins à la production, peut être installé. C’est une orientation politique claire en faveur de l’autoconsommation — une logique que nous défendons également dans notre approche de dimensionnement : une installation qui injecte massivement sur le réseau sans stocker ni piloter est une occasion manquée, surtout dans le contexte du nouveau tarif de rachat basé sur les prix spot.
L’obligation solaire s’étend également aux sites des moyens consommateurs d’électricité dont la consommation dépasse 0,2 GWh, ce qui concerne certains bâtiments commerciaux ou industriels.
3.2 Les autres cantons romands : transposition en cours
Pour les cantons de Vaud, Fribourg, Valais, Berne (partie romande), Jura et Neuchâtel, la transposition du MoPEC 2025 est en cours ou attendue dans les prochaines années. Les réglementations cantonales évoluant rapidement, il est indispensable de se rapprocher de l’office cantonal de l’énergie compétent pour connaître l’état exact de la législation applicable au moment de votre demande de permis de construire ou d’autorisation de travaux.
Ce que l’on peut dire avec certitude : les cantons romands convergent tous vers une obligation solaire étendue aux rénovations de toiture. Planifier vos travaux en intégrant cette dimension dès aujourd’hui — même si votre canton n’a pas encore finalisé sa transposition — vous évitera de devoir adapter une toiture fraîchement rénovée quelques années plus tard.
4. Ce qu’il est rentable de faire au-delà du minimum légal
L’obligation légale fixe un plancher. Notre rôle, en tant qu’installateur, est de vous aider à transformer ce plancher en point de départ d’un système cohérent et rentable — pas de vous livrer exactement les 10 W/m² réglementaires et de passer à autre chose.
4.1 Dimensionner selon votre consommation réelle, pas selon la norme
Un foyer équipé d’une pompe à chaleur, d’une borne de recharge pour véhicule électrique ou d’un spa a un profil de consommation qui justifie une installation bien supérieure au minimum légal. La rénovation de toiture est le moment idéal pour poser le nombre de panneaux que votre consommation réelle justifie — les coûts de pose (échafaudage, câblage, intégration dans la couverture) sont déjà absorbés par les travaux de toiture.
Notre philosophie de dimensionnement est simple et non négociable : chaque installation doit correspondre aux besoins réels du client, et non à la taille maximale que l’on pourrait vendre. Un bon dimensionnement commence par analyser votre consommation annuelle, vos profils de charge et vos objectifs d’autoconsommation — avant même de regarder la surface disponible sur le toit.
4.2 Intégrer le stockage dès la pose
Ajouter une batterie au moment de la rénovation de toiture, c’est éviter une deuxième intervention technique quelques années plus tard et réduire les coûts d’installation globaux. Une installation solaire sans stockage est structurellement limitée dans sa capacité d’autoconsommation : l’énergie produite en milieu de journée, souvent quand le foyer est vide, est injectée sur le réseau à des tarifs de plus en plus variables.
Il faut également garder à l’esprit une réalité technique que beaucoup de propriétaires ignorent : sans système anti-blackout, une installation solaire standard s’arrête automatiquement lors d’une coupure réseau — par sécurité, l’onduleur coupe la production pour éviter de mettre en danger les techniciens qui interviennent sur le réseau. Avoir des panneaux sur le toit ne signifie donc pas être protégé contre les coupures. Un vrai système d’autonomie implique un onduleur bidirectionnel couplé à une batterie configurée en mode îloté, comme l’association Victron MultiPlus-II et Pylontech, ou notre solution propriétaire VOLTIA avec l’option anti-blackout. Pour approfondir nos nos systèmes de stockage solaire, vous trouverez le détail des configurations disponibles.
Cette distinction entre simple production et véritable autonomie prend tout son sens dans les immeubles en PPE, où les décisions d’installation ne dépendent pas d’un seul propriétaire mais d’une majorité à convaincre. La dimension collective ajoute une couche de complexité — juridique, technique et humaine — qui dépasse largement le choix du matériel. C’est précisément ce que détaille le guide pas-à-pas pour les copropriétés en PPE, qui accompagne chaque étape du processus, de la mise à l’ordre du jour jusqu’au vote.
Par ailleurs, les nouvelles installations peuvent être soumises à des règles de plafonnement de l’injection réseau — une contrainte qui rend le stockage local encore plus pertinent économiquement, puisque l’énergie produite peut toujours être autoconsommée ou stockée localement sans restriction.
4.3 Choisir la bonne technologie de batterie
Nous privilégions systématiquement les batteries en chimie lithium fer phosphate (LFP), sans cobalt. Ce choix n’est pas anodin : les batteries LFP sont intrinsèquement plus stables thermiquement que les chimies NMC, elles supportent mieux les cycles répétés (plus de 6 000 cycles garantis sur notre batterie VOLTIA), et leur sécurité en environnement résidentiel est supérieure. Une architecture modulaire permet en outre d’éviter le point de défaillance unique : si un module rencontre un problème, les autres continuent de fonctionner — une résilience importante pour un système qui a vocation à durer vingt ans.
4.4 Piloter intelligemment la production et la consommation
Un système solaire sans pilotage énergétique, c’est comme une voiture sans tableau de bord : elle avance, mais vous ne savez pas où va l’énergie ni comment l’optimiser. Un EMS (Energy Management System) pilote en temps réel la distribution de l’énergie entre la consommation immédiate, la charge de la batterie et les charges flexibles — chauffe-eau, borne de recharge, pompe à chaleur. Comprendre comment un EMS maximise vraiment l’autoconsommation vous permettra d’évaluer concrètement le gain que représente ce pilotage par rapport à une installation non gérée.
5. Subventions et démarches : ne rien laisser sur la table
Une rénovation de toiture avec intégration photovoltaïque ouvre droit à plusieurs sources de financement qu’il serait dommage de ne pas mobiliser.
Au niveau fédéral, le programme géré par Pronovo — l’organisme mandaté par la Confédération pour les certificats d’origine et les aides à la production — propose des mécanismes d’aide à l’investissement photovoltaïque. Les cantons romands disposent en parallèle de leurs propres programmes, qui varient significativement en termes de montants et de conditions d’éligibilité. Notre article sur les aides cumulables canton par canton détaille les dispositifs disponibles et la façon de les combiner efficacement.
Chez My Solar Battery, l’accompagnement administratif fait partie intégrante de notre mission : nous gérons les demandes de subventions, les autorisations de construire et les démarches de raccordement auprès du gestionnaire de réseau de distribution (GRD) local. C’est souvent là que les projets perdent du temps et de l’argent par méconnaissance des procédures — nous le constatons régulièrement lors de nos visites techniques sur des installations posées par d’autres intervenants.
Questions fréquentes
Une rénovation de toiture partielle (remplacement de quelques tuiles) déclenche-t-elle l'obligation solaire ?
Non. Le MoPEC 2025 précise que l’obligation ne s’applique que lorsque la couverture ou l’étanchéité est renouvelée sur une surface d’au moins 50 m². Un simple remplacement ponctuel de tuiles ou une intervention localisée ne franchit pas ce seuil et ne déclenche donc pas l’obligation de production propre d’électricité.
Que se passe-t-il si la toiture est techniquement inadaptée à recevoir des panneaux solaires ?
Les législations cantonales prévoient généralement des dérogations lorsque l’installation est techniquement impossible ou économiquement disproportionnée — par exemple une toiture très ombragée, une charpente insuffisamment résistante ou une contrainte patrimoniale. Il convient de se rapprocher de l’office cantonal de l’énergie compétent pour obtenir une décision formelle, car les conditions d’exemption varient d’un canton à l’autre.
Peut-on satisfaire à l'obligation solaire avec une installation solaire thermique plutôt que photovoltaïque ?
Le MoPEC 2025 permet de prendre en compte la surface occupée par une installation solaire thermique pour satisfaire partiellement à l’obligation de production propre d’électricité. Cela dit, l’objectif principal reste la production d’électricité par des panneaux photovoltaïques. Dans la pratique, une installation purement thermique ne couvrira qu’une fraction de l’obligation ; un complément PV restera nécessaire dans la grande majorité des cas.
L'obligation MoPEC s'applique-t-elle également aux immeubles locatifs ou uniquement aux maisons individuelles ?
L’obligation porte sur le bâtiment indépendamment de son affectation ou de son statut locatif. Elle concerne donc aussi bien les maisons individuelles que les immeubles d’appartements, les PPE ou les bâtiments commerciaux, dès lors que les seuils de surface de rénovation ou de construction sont atteints.
La batterie de stockage est-elle obligatoire en même temps que les panneaux ?
Le MoPEC 2025 n’impose pas explicitement une batterie de stockage. En revanche, certaines législations cantonales — Genève en est un exemple — précisent que l’énergie solaire produite doit être prioritairement autoconsommée, et qu’un système de stockage électrique ou thermique peut être installé à cet effet. Sur le plan purement économique, coupler le photovoltaïque à un stockage lors d’une rénovation de toiture est fortement conseillé : les travaux de pose et de câblage sont mutualisés, et le retour sur investissement s’en trouve amélioré.
Conclusion
Le MoPEC 2025 marque un tournant : il sort l’obligation solaire du seul domaine des constructions neuves pour l’ancrer dans la réalité du parc bâti existant. Chaque réfection substantielle de toiture — dès 50 m² de couverture renouvelée — devient désormais un moment de décision énergétique, pas seulement un chantier d’entretien. Les cantons romands convergeront tous vers cette règle d’ici 2030, Genève faisant déjà figure de modèle avec une obligation active et une incitation explicite à l’autoconsommation.
La vraie question n’est pas de savoir si vous allez devoir poser des panneaux solaires lors de votre prochaine rénovation de toiture. Elle est de savoir comment transformer cette obligation en un système qui produit, stocke et pilote l’énergie de manière cohérente avec vos besoins réels — et qui vous offre une autonomie durable plutôt qu’une simple conformité réglementaire.
My Solar Battery accompagne les propriétaires de Suisse romande à chaque étape de ce projet : du dimensionnement adapté à votre consommation réelle jusqu’à la mise en service, en passant par les subventions et les démarches administratives. Si vous planifiez une rénovation de toiture dans les prochains mois, c’est le bon moment pour anticiper. Demander un devis gratuit vous permettra d’obtenir une évaluation concrète de ce que votre toit peut produire et de ce que cela représente sur votre facture d’électricité.

